L'église

Église de la paroisse de Massieu

Eglise massieu

L’édifice religieux initial est certainement très ancien. L'église était placée sous le vocable de Saint Pierre puis plus récemment sous celui de Saint-Pierre - Saint-Paul. Le présentateur en était l’archevêque de Vienne.

Selon les historiens, à l’origine, la paroisse de MASSIEU était un territoire considérable : Saint-Sulpice-des-Rivoires, Saint-Geoire-en-Valdaine, Merlas, Chirens, en dépendaient.

Le chanoine J.-B. LANFREY dans un recueil intitulé « Chez nous », paru en 1930 et édité par La Croix de l'Isère nous apporte les précisions suivantes :

« Au XIVème siècle, MASSIEU était paroisse.

Avant 1789, le comté de Clermont qui s'étendait de Chirens à Saint-Geoire-en-Valdaine était divisé en trois châtellenies. Les paroisses y étaient ainsi réparties :

Massieu, dans châtellenie de Clermont.

Saint-Geoire, Recoin (La Bâtie-Divisin), Merlas et Chapelle-de-Merlas, dans châtellenie de Saint-Geoire.

Saint-Pierre et St Michel-de-Paladru, dans châtellenie de Paladru, qui ne comprenait que ces deux paroisses. ».

Châtellenie : seigneurie ou juridiction relevant du seigneur d'un château (seigneur châtelain).

Malgré son passé, la paroisse de Massieu fut rattachée en 1790 à la commune de Saint-Geoire-en-Valdaine.

L’église et la cure furent favorisées par de nombreuses donations, dont les plus importantes sont dues à noble Béatrice d’Hauterives en 1464, veuve de noble Claude de Bellegarde et à Messire Jean Morel, curé de Paladru, qui voulut y être enseveli.

Pendant les guerres de religion (XVIème siècle), le baron des Adrets donna l’ordre à l’un des capitaines (Champe) de rançonner l’église de Massieu (l’ordre écrit est conservé au château de Longpra à Saint-Geoire en Valdaine).

La position du clocher est tout à fait singulière pour être construit sur le bâtiment (peut-être la chapelle d’origine ?) et non accolé à celui-ci comme dans beaucoup d’églises.

Elle fut agrandie au XVIIème siècle, puis à nouveau au XIXème siècle après le transfert du cimetiére.

Au début du XXème siècle, le toit présentait encore un « beffroi » visible sur les cartes postales anciennes et situé à la verticale de la croisée des deux axes : celui de la nef et chœur et celui des deux chapelles (transepts).

L'intérieur de l'église est remarquable par la simplicité et la sobriété actuelle des murs. Au cours des deux restaurations du XXème siècle, le revêtement intérieur, l’ornementation en stuc du baptistère et la chaire de noyer accolée au mur n'ont pu être conservés. Ils ont été détruits ou transformés.

Les boiseries du chœur sont à l’origine en noyer, certaines parties ont été restaurées avec du châtaignier moins sensible à l’humidité. Le sol d’origine du chœur a été certainement recouvert de carreaux de ciment. Ils pourraient dissimuler les dalles des 10 sépultures de la famille Michal de 1472 à 1788.

Deux cloches datent de 1776 et de 1839.

Les vitraux des transepts ont été réalisés par l'atelier BESSAC de Grenoble (maison fondée en 1860) probablement après les travaux d'agrandissement du XIXème siècle.

Celui de la tribune au début du XXème siècle (devis du 27 mars 1941) en remplacement d'un vitrail existant.

A l'occasion de la dernière restauration et de l’inauguration en juillet 1995, Mr de Franclieu, après avoir fait des recherches dans les archives du château de Longpra, a indiqué à la paroisse que l'église (chapelle) serait la plus ancienne du canton.

 

Ceci conforterait l'hypothèse de Mr PILOT, historien chercheur, qui mentionne que dans le testament d'Albon, sous le règne de Charlemagne, ce seigneur d'Albon donne par testament à l'Eglise de St Jean de Maurienne, ce qu'il a à MACIANO (Massieu) et à ABRICI COLONICA (Les Abrets) en pays viennois.

Cette indication n'est pas une preuve de l'existence d’une chapelle au VIIIème siècle. (Charlemagne est mort en 814).

Mais, compte tenu de la présence sur la commune d’indices d’occupation gallo-romaine (site au sud de la Garonne [1936], et au Verney – limite Massieu/Chirens au sud de la Sarra) et de sépultures (à la Villa près de la Sarra), de l’existence d’un évêque à Vienne dès le IIIème siècle, on peut penser que suite à la christianisation, il y avait un lieu de culte à Massieu au VIIIème siècle.

En 1671, Guy ALLARD (Dictionnaire du Dauphiné) confirme que Massieu est une paroisse du mandement de Clermont, il précise que son église est dédiée à St Pierre et que son nom latin est MACUSIUM à cause d'Hercule MACUSAIN qui y était adoré. L'église serait peut-être construite sur cet ancien lieu de culte païen (fanum) qui aurait été détruit.

Contrairement à la tradition orale, ce n’est peut-être pas Mercure qui était adoré à Saint-Sixte (commune de Merlas) mais Hercule.